On décortique les labels de la mode

Les labels dans la mode éthique, un concept peu simple à aborder. Qu’est-ce que ça veut dire, et surtout qu’est-ce qui se cache derrière ces fameux labels ? Ces précieux sésames ! Sont-ils réellement un gage de qualité pour la slow fashion ? Vers quelles marques se tourner les yeux fermés ? C’est ce que nous allons voir. À nous deux Sherlock.

Comprendre le rôle des labels dans la mode éthique

Il en a été question de nombreuses fois, par de belles personnes. Toutefois, j’aimerais vous apporter ici un point rapide tout de même pour apporter ma petite pierre à l’édifice. Bref. Assez parlé. Rentrons dans le vif du sujet, le monde merveilleux de la mode et des labels.

Les labels sont un signe distinctif, souvent représentés par une étiquette. Et donc facile à trouver : il suffit juste de retourner votre t-shirt, pull ou jean !
Pour être fiable, un label doit respecter des normes, des standards. Ou des limites à ne pas dépasser.
Toutefois, attention de ne pas tomber dans les pièges tendus par les grandes marques. Labelliser une toute petite partie de la production, voire de la collection et l’appliquer à l’ensemble des pièces. Faire valoir cette image de marque faussement green pour redorer le blason. Mais ça, ça s’appelle du greenwashing. Et on en parlera dans un autre article !

Alors les labels servent à quoi au juste ? Ils permettent au consommateur de pouvoir vérifier par un simple logo un ensemble de cahier des charges très spécifique. Et de garantir ce que l’on achète.
Et cela a un prix.

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Un article en complément de celui-ci à retrouver sur le blog !

Labels de la mode éthique : le prix à payer

Et oui, pour obtenir ces certifications, il faut mettre la main au porte-monnaie. Derrière ces certifications, il y a des heures de travail et de recherche. Et surtout des hommes et des femmes en charge de vérifier et d’approuver au non ces demandes !
Et afin d’être le plus transparent possible, ces labels sont à renouveler fréquemment (tous les ans par exemple pour le label oeko-tex).
La demande de labellisation se déroule comme suit :

  • demande de certification ;
  • contrôle de la demande ;
  • analyse ;
  • visite sur site ;
  • envoi d’un rapport détaillé ;
  • certificat.

Les démarches pour faire garantir les vêtements, tissus et matières premières peuvent varier légèrement selon les labels. Néanmoins, ce travail, vous en conviendrez, est colossal vu le nombre de marques qui demandent à rejoindre les différents labels. Et chaque travail mérite un salaire.
Voilà pourquoi par exemple, le coton bio se vend environ 30% plus cher que le coton classique

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Exemples de labels dans la mode responsable

Pour savoir à quoi correspond chaque label, c’est pas bien compliqué, il suffit de chercher (j’aurais un prix nobel pour cette phrase). Cependant, ce n’est pas toujours évident d’y voir clair et de faire du tri.
L’industrie textile présente plusieurs problèmes auxquels il convient de répondre :

  • impact environnementaux de nos vêtements ;
  • impact social des cultures et de la fabrication ;
  • impact sur les animaux pour les matières premières.

De fait, les labels sont là pour répondre à ces différentes problématiques.
Donc, pour être sûr(e)s de ne pas acheter du
prêt-à-porter et de mauvaise qualité avec une empreinte écologique alarmante, et nocif pour les êtres humains, les êtres vivants non-humains et la planète, on peut s’armer de ces certifications :

Exigences animales

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  • Cruelty-free : ne signifie pas forcément vegan… Les produits peuvent contenir des produits animaux (donc non vegan), mais cela assure néanmoins que cela n’a pas été testé sur des animaux vivants ;
  • Vegan : Cette certification n’est ni obligatoire ni encadrée.
    Autrement dit, chaque entreprise est en droit de créer son propre logo Vegan. Toutefois, il existe des organismes, principalement européens, qui proposent leurs services afin de contrôler et d’apposer la certification Vegan avec un logo reconnaissable et différenciable des “faux” logos.

    Pour une certification plus pointue, référez-vous de préférence au label ci-dessous ;
  • Peta approved :Pour People for the Ethical treatment of Animal. Cette certification garantit des produits sans aucune matière animale comme le cuir, la fourrure, la laine, le duvet etc.  Il y a néanmoins eu des « dérives » : certaines marques se sont vues octroyées cette certification en présentant des matières animales… Article à venir.
    PETA est à la base une association à but non lucratif qui travaille pour établir et préserver les droits des animaux.

Exigence sociales

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SA 8000 : Basée sur la déclaration universelle des droits de l’Homme, ce standard défend des conditions de travail décentes. C’est un code de conduite qui respecte surtout des normes sociales mais aussi environnementales ;

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GOTS : est l’acronyme pour Global Organic Textile Standard.
Il garantit la
qualité biologique des tissus (le produit fini doit être composé au minimum de 95% de matières certifiées biologiques), des conditions de travail décentes mais a aussi un aspect environnemental important : le produit ne doit pas porter atteinte à la santé de ceux qui portent les vêtements.
Ekyog (par ex.) détient cette certification depuis 10 ans ;

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Fair ware : La fair ware foundation répond a des exigences sociales. Travaille en collaboration avec les entreprises pour assurer voire améliorer les conditions de travail de chaque personne.
Par exemple, derrière ce label on retrouve  :

  • interdiction du travail des enfants ;
  • un salaire correct ;
  • conditions de travail saines (horaires, environnement) ;
  • un travail choisi et exercé librement (sans contrainte et sans entrave) ;
  • pas de discrimination (de sexe, de religion, etc.) ;
  • travail légal et déclaré ;

FAIRTRADE : ce label répond à des problématiques sociales et environnementales :

  • des conditions de travail décentes (travail par les enfants de moins de 15 ans interdits, travail forcé et imposé interdit, environnement sain et sécurité, salaire minimum légal obligatoire, pas de discrimination etc.)
  • des conditions environnementales propres (pas d’OGM, interdictions des pesticides les plus nocifs, agriculture biologique privilégiée, ressources naturelles préservées, etc.) ;
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OEKO-TEX : ce standard garantit un produit final sans substances toxiques. Aussi bien pour l’environnement que pour les êtres humains qui fabriquent et qui portent.

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Exigences environnementales

Repreve : Fil issu du recyclage des bouteilles en plastique. Utiliser ce genre de fil permet de réaliser des économies d’eau, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre ;

Promeut une utilisation et une culture du coton plus respectueuse de l’environnement.
Néanmoins, ce label fait désormais polémique. En effet selon les enquêtes de la journaliste Sandrine Rigaud, dès lors qu’une entreprise possède ce label, tout fil qui sort de celle-ci est étiqueté BCI. Or, le fil peut très bien ne contenir aucune base de coton BCI…

De fait, et vous l’avez compris, les entreprises peuvent sortir des fils et du coton non respectueux des êtres humains et de l’environnement sans être impactés : et cela s’appelle du greenwashing.
Tout a été mis en place pour le faire mais dans les faits ce n’est pas appliqué et les entreprises bénéficient tout de même du soutien d’un label écologique. Le travail des hommes et des femmes peut ne pas être respecté, le coton peut avoir traité aux pesticides ou aux insecticides et être labellisés ;

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Global recycler standard : garantit un minimum de 20% de produit recyclé pour chaque produit créé.

Bluesign : une grande exigence environnementale est soulignée par ce label, notamment la gestion de l’eau, des déchets, contrôle et réduction des émissions de co2 et des produits toxiques tout au long de la fabrication du vêtement : de la matière première jusqu’à la personne qui va porter le produit.
En outre, ce label garantit également à des exigences sociales (le travail non forcé, des salaires et des conditions de travail décent etc. comme dit plus haut) ;

J’espère que cet article vous a plu et que cela démêlent certaines interrogations dans ce vaste monde la mode éthique.


Je vous dis à bientôt !

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