Le problème du cuir

Le problème du cuir et la mode éthique. Oui, quand on parle de mode responsable et que l’on appose “cuir” derrière ça ne fonctionne pas . Dans l’univers de la mode, il est encore trop commun de porter du cuir. En sac, chaussures ou ceinture etc. Pourtant, cela soulève autant des problématiques environnementales que sociales liées directement au cuir. Sans parler des souffrances animales. Tout ça au nom de la mode. Avant d’avoir un avis tranché, il faut savoir de quoi on parle. Quels sont exactement les impacts de l’industrie du cuir ? C’est ce que l’on va étudier.

Le problème du cuir dans l'industrie textile

L’industrie du cuir connaît des heures sombres. Et pour cause.
Non seulement les
animaux ne sont pas respectés (c’est le moins que l’on puisse dire) mais en plus, les droits humains sont bafoués. Sans compter de l’impact environnemental causé directement par les produits chimiques servant à travailler les peaux.
On connaît tous et toutes les basiques, mais afin de pouvoir comprendre et faire nos choix en conscience dans le monde de la mode, attardons-nous un peu sur le sujet en détail.
Quel est
le problème du cuir ? Ou plutôt, les problèmes…
Par ailleurs, on verra que pour les inconditionnels du cuir, il existe des alternatives.

Impact animal

Le sujet est sensible et pour cause. La sphère vegane est encore sujette à de trop nombreux a priori et on ne va pas se mentir, la dissonance cognitive ne nous facilite pas la tâche. Mais ça, c’est un autre sujet.
En ce qui concerne les vêtements, il est évident qu’il y a bien des années, quand le capitalisme et la mondialisation n’existaient pas, les êtres humains devaient se vêtir de n’importe quelle manière que ce soit pour se protéger, ne pas avoir froid etc.

Spoiler alert : Nous avons évolué. Nous n’avons plus besoin de massacrer des animaux pour nous vêtir.

Pourtant, plus d’un milliard d’animaux meurent chaque année pour leurs peaux : 1,4 milliards de peaux de chèvre, vache, mouton sont transformées en cuir. Et généralement tout y passe. Donc lorsque vous portez du cuir, vous ne pouvez pas savoir si c’est un cuir issu de vache ou… de chien.
Sans surprise, une quantité astronomique de cuir provient de Chine. Là où la traçabilité est quasi inexistante. D’où la quasi impossibilité de savoir la provenance.
Là également où les réglementations pour le bien-être animal n’existe pas.
De plus, environ 2 millions de chiens et de chats sont tués chaque année pour leurs peaux. L’appellation cuir de veau peut être attribuée à un cuir de chien ou de chat.
Déjà, ça fait mal.
Je vous passe les détails d’abattages de chien dans les abattoirs en Chine. Les conditions d’élevages ne sont guère meilleures et les mutilations que chacun de ces animaux subissent sont intolérables et inimaginables.
Mais cela est accepté. Au nom de la mode.
Ne serions-nous pas prêts à nous passer de ces cruautés ?

Update 2021

Aux dernières nouvelles, en juin 2021, c’est l’organisme PETA qui signe une grande victoire : Canada Goose a annoncé arrêter définitivement la fourrure de coyotte. Après tant d’années de souffrance, il était temps que cela cesse.
Quant à l’Europe, les portes des élevages des animaux élevés pour leurs fourrures ferment peu à peu… Le problème du cuir n’a pas terminé de faire parler de lui.

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Impact environnemental

L’impact animal dans l’industrie du cuir est bien évidemment le premier point à soulever puisque ce sont les premières victimes.
Mais un autre impact auquel nous pensons peut-être moins est celui de la pollution des eaux.
En effet le tannage de peau requiert l’emploi de charmants produits comme :

  • sels d’aluminium (sels de chrome). Considéré et avéré comme un cancérogène pour l’être humain ;
  • zirconium.

À Kanpur (Inde), 700 tanneries déversent des eaux polluées, sans être traitées, directement dans le Gange.
À Dakkha la capitale du Bangladesh, les tanneries rejettent 22 000 litres de déchets toxiques.

Afin de jauger cette industrie, en 2012 l’ONG à l’époque Black smith (aujourd’hui Pure earth) fait un classement des industries les plus dangereuses.
Voici un petit extrait :
1) recyclage des batteries au plomb ;
2) production du plomb ;
3) activités minières ;
4) tanneries ;
5) sites de décharges industriels, etc.

Ce rapport indique également que la pollution industrielle a une mortalité plus élevée que la malaria ou la tuberculose.
Mais voilà, cette industrie rapporte.
Au Bangladesh par exemple, c’est la deuxième industrie la plus importante du pays. Et d’après le Bureau de promotion des exportations du Bangladesh, l’exportation du cuir est une filière qui rapporte 1 milliard par an. Et quand on connaît les conditions de travail et l’impact social du travail du cuir… On se doute que les 1 milliard ne reviennent pas aux mains qui travaillent.

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Impact social

80% du cuir provient des pays en voie de développement sans normes environnementales et sociales pour contrôler et protéger à la fois la planète, les êtres humains et les animaux.

Les produits nommés plus haut occasionnent plusieurs troubles : problèmes respiratoires, brûlures. Affections chroniques de la peau. Et enfin, développement de cancer.
C’est dangereux et on le sait. Pourquoi continuer ?
Il paraît évident que les méthodes ancestrales n’utilisaient pas ces produits. Pourtant, aujourd’hui c’est ceux-ci qui sont privilégiés car le tannage se réalise seulement en quelques heures, contre plusieurs mois… Le rendement avant tout. Néanmoins, le tannage végétal est toujours utilisé malgré tout. Mais d’une moindre manière.

D’autre part, 90% des travailleurs et travailleuses à Dhaka (certains âgés de moins de 15 ans) meurent avant l’âge de 50 ans.
Ils gagnent un salaire d’environ 1,70€ pour 12h à 14h de travail par jour. Sans jours de congés dans la semaine, cela revient à 30€ par mois ce qui fait de cette population la main-d’œuvre la moins chère du monde.
De fait, les entreprises textiles et les grandes marques en profitent malgré leurs promesses d’engagement. Par conséquent, l’industrie de la mode provoque tous les deux jours la mort d’un ou d’une travailleuse.

Le bilan est lourd. Humainement, environnementalement et même au niveau des êtres vivants sensibles non humains.
Cependant, les marques ne s’engagent toujours pas.
Pourtant, le problème du cuir ne semble-t-il pas de plus en plus évident ?

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Problème du cuir : quelle(s) solution(s) ?

On l’a compris dans cet article, le cuir d’origine animal est très peu respectueux de l’environnement, des êtres humains et surtout des animaux.
pourtant, il existe aujourd’hui des cuirs d’origine végétale. En tant que personne avec des convictions véganes fortes, c’est bien sûr vers ce type de cuir que je me tournerais si je devais acheter du cuir.
D’ailleurs, n’en déplaise aux lobbyistes, il s’agit bien là de cuir.

Néanmoins, pour avoir une vision objective du sujet, je m’interroge sur l’efficacité du produit et surtout des conditions de fabrication.
Ce type de cuir est-il fabriqué dans de meilleures conditions environnementales et sociales ?
C’est ce que nous allons voir…

Merci beaucoup de m’avoir lue. J’espère que cet article vous aura appris des choses et vous aidera à voir les choses autrement…

À bientôt.

Alizée

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3 comments

Reply

En effet le ’cuir’ vegetal est aussi beau que le cuir issu de la souffrance humaine et animale et est très résistant et ne demande aucun entretien. Exemple le sac à dos en cuir végétal de ma fille est très joli très utilisé et il est toujours comme neuf….Alors…pourquoi s ’en priver et éviter ainsi toute cette souffrance,

Reply

Effectivement ça ne demande que peu ou pas d’entretien !
Ah ah oui le sac en cuir WILO que l’on peut voir sur plusieurs photos 😁 Toujours superbe !

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