Slovénie, destination d’écotourisme ?
Une dizaine de jours, une voiture et un appareil photo en bandoulière. Ce pays s’immisçait chaque jour un peu plus dans mon imaginaire, sans vraiment savoir pourquoi. Puis, une rencontre. Celle de Nika et Matic au Sri Lanka en Octobre 2018. Ces deux-là rencontrés et quelques repas partagés sous la mousson plus tard, le pacte était scellé. Nous partirons l’année prochaine en Slovénie, leur pays natal.
Nous avons rallier la Normandie à Bled sans avion.

Cet article a été initialement rédigé et publié en 2018 sur mon ancien blog.

Partir en Slovénie en slow travel

Nous avons voulu, pour ce voyage, partir en slow travel. Nous avons donc opté pour la voiture. Et ce, pour plusieurs raisons.

Pourquoi
 en voiture ? Prendre moins l’avion pour limiter son impact écologique est devenu pour moi une priorité, ou plutôt une nécessité : prendre moins l’avion.
Il est possible aujourd’hui de voyager autrement. Cette vaste question est un peu traitée dans un autre article.

Faire du slow travel c’est faire davantage d’arrêts, profiter des nombreux paysages sur la route, prendre le temps. En traversant la Suisse, l’Allemagne et la région du Tyrol, une chose était sûre, le voyage commencerait dès les premiers kilomètres.

Nous savions peu de choses sur ce minuscule pays. Peu de couverture médiatique, peu de contenu. Nous nous sommes préservés du peu d’informations qui existent. Nous nous attendions à un pays vert, en communion avec la nature. Mais nous étions loin de nous imaginer ce que nous allions découvrir.
Et surtout, nous voulions savoir si ça réputation de destination d’écotourisme tenait la route…

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L'écotourisme une démarche de sauvegarde

Les scientifiques de Science advances s’accordent à dire que nous ne sommes plus à l’aube, mais dans les prémices de la sixième extinction de masse. Aujourd’hui il nous est impossible de passer au travers des articles, des scientifiques ou autres manifestations qui tirent la sonnette d’alarme concernant notre rapport à la terre et notre surconsommation, qui n’ont d’autre effet que d’épuiser inexorablement nos ressources.
En France, le jour du dépassement, date à laquelle l’empreinte écologique dépasse les biocapacités de la planète arrive de plus en plus tôt. En cette année 2018 il a été établi en date du 29 Juillet. Deux mois plus tôt qu’en 1998.

Qu'en est-il de la Slovénie ?

Toutefois, à l’heure des prises de conscience et des rétrospectives écologiques, un pays dans l’Union Européenne se détache des autres et montre l’exemple.
Il ne représente qu’une infime partie de la planète, moins de 1%. Pourtant, cette parcelle du globe abrite à elle seule 20 000 espèces animales et végétales de la planète.
Cette destination n’a pas pour vocation d’être parfaite, mais de démontrer depuis plusieurs années qu’il est possible d’allier protection de la planète et réussite gouvernementale. Mais aussi, de résister à l’appauvrissement des sols inondés de pesticides et de lutter pour la sauvegarde de ses terres sauvages et ses espèces.
Cette destination a misé sur le tourisme green afin de prouver ses capacités d’adaptation et les possibilités infinies qui s’offrent à nous pour préserver notre planète.

Herbe verdoyante, pics montagneux, douceurs des vagues.. Des milliers d’abeilles bourdonnent, des chemins de randonnées sauvages vous mèneront vers les plus hauts sommets du pays.
Respirez, vous êtes en Slovénie.

« En 2018, la Slovénie a été élue la destination touristique la plus écologique du monde », basés sur 100 critères, la Slovénie en a obtenus 96. Rien que ça. Elle mérite bien son statut de meilleure destination pour l’écotourisme, n’est-ce pas ?

Ljubljana : la capitale responsable

Comment la Slovénie a-t-elle obtenue le titre de pays le plus écologique du monde ?

C’est dans ces grands espaces préservés que nous avons décidé d’avaler les kilomètres, à la découverte des étendues sauvages.
Ce petit pays enclavé entre l’Adriatique et quatre pays européens recense 2 millions d’habitant (un peu moins que la population de Paris intra muros).

Sa capitale, Ljubljana a déjà été élue en 2016 capitale la plus verte d’Europe. Elle est devenue une ville verte à la tête d’un pays vert avec 75% d’espaces verts publics, soit environ 542m2 .
Pour poursuivre cette dynamique verte, le centre-ville est quasi exclusivement piétonnier : le centre historique de Ljubljana est interdit aux véhicules motorisés et se visite facilement à pied, en vélo ou en voitures électriques : les Kavalir.
Et, ils ont un objectif de réduction d’émissions de C02 de 30% d’ici 2025. C’est dans cette lancée que le pays entier a été récompensé en 2018.

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L'écotourisme appliqué à la Slovénie

Afin d’encourager les pratiques en faveur de l’environnement, un système de certification national a été mis en place pour les acteurs verts du tourisme (hôtels, activités, auberge de jeunesse..), à travers le label Slovenian green. Résultats de cette mise en pratique ? De plus en plus d’établissements sont construits avec des matériaux respectueux de l’environnement, sont auto-suffisants ou peu gourmands en énergies .. Comme à l’image de notre premier logement, à quelques minutes de Bled chez nos amis Mika et Matic.
Tout est fait pour encourager l’écotourisme.

Il est donc plus simple lorsque l’on entreprend un voyage en Slovénie, d’être soi-même acteur de la protection de l’environnement en choisissant parmi 48 destinations, 4 parcs naturels et 38 établissements. Le pays entier est donc devenu aujourd’hui une référence dans l’écotourisme.

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Préservation des ressources

Après avoir traversé la région du Tyrol, déjà verte et montagneuse, la frontière Slovène apparaît. Elle semble encore plus verte que ses voisins. Cette sensation s’est accentuée encore davantage quand nous avons parcouru le parc national du Triglav. Des montagnes vertes, des arbres et des forêts de hêtres à perte de vue.
Des forêts saines, non déboisées s’étendent devant nos yeux.

C’est notamment grâce à ses forêts qu’elle est devenue une destination d’écotourisme. En effet son territoire est composé à 60% de forêts. Dont une importante partie de forêts primaires : Des forêts intactes, préservées de l‘impact écologique et environnemental anthropique.
Ces forêts sont classées dans plusieurs catégories du patrimoine mondial : Zones humides d’importance internationale, réseau mondial des géoparcs, réseau mondial des réserves de la biodiversité et j’en passe.

Aujourd’hui ce petit pays peut se vanter d’avoir quatre zones de réserve pour la biodiversité. Dont la plus importante se situe dans les Alpes Juliennes au cœur du parc national du Triglav : là où nous avons passés la plupart de notre voyage.
Peu de routes sillonnent ce pays. On a vite la sensation d’être seuls au milieu de ces espaces, de ces immenses forêts datant de l’aube des temps.
Au crépuscule les lumières effleurent doucement chaque arbre, chaque branche et chaque espèces vivantes qu’elle abrite.
Il s’agit in fine d’un sanctuaire sauvage préservé où la nature garde ses droits : 20 000 espèces végétales et animales cohabitent.
D’ailleurs, la population des ours bruns a doublé en une dizaine d’années. De même, la population d’abeilles en Slovénie est 10 fois plus importante que la population d’abeilles Française.
On en reparlera dans un article dédié aux néonicotinoïdes…

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Abandon des pesticides

"Une slovénie verte, active et bonne pour la santé."

Le slogan de l’office du tourisme de Slovénie annonce clairement ses ambitions.
Pour préserver la biodiversité unique qu’abrite ce pays, 35,5% du territoire est classé « zone naturelle protégée ».
Au cours de notre voyage nous avons arpentés divers chemins, empruntés différentes routes pédestres pour accéder à des cascades toutes plus belles les unes que les autres. Certaines tout droit sorties de l’univers des Studios Ghibli (oui oui!). Mais plus on marchait, plus quelque chose piquait notre curiosité.

Jamais nous n’avions vu autant d’insectes, et autant d’abeilles.

Il existe une multitude d’insectes pollinisateurs. Environ 20 000 dans le monde. Il n’existe pas une mais une multitude d’espèces d’abeilles. Comme sur les deux photographies suivantes, elles ne se ressemblent pas vraiment, pourtant ce sont toutes deux des abeilles avec leurs spécificités propres.

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Le combat de la Slovénie en faveur des abeilles

Les abeilles sont garantes de la biodiversité.
Pourtant cette population d’insecte souffre d’une mortalité croissante depuis des décennies. Ce phénomène porte désormais un nom le CCD (Colony collapse disorder).
En France environ 30% des abeilles disparaissent chaque année. La nature mais également les êtres humains ne peuvent se passer de ces insectes. En effet on sait que 80% de la reproduction des espèces végétales dépendent de l’action des insectes pollinisateurs.
De plus, on note qu’en vingt ans la quantité d’abeille a chuté de 40% notamment à cause des produits chimiques.

Cela a amené la Slovénie à revoir sa politique agricole en interdisant en 2011 les néonicotinoïdes : une classe de produits toxiques utilisés surtout comme insecticide agissant sur le système nerveux des insectes. Aussi appelé « systémique » car le poison circule partout dans la plante. Ce qui a pour conséquence une présence de ce poison dans les feuilles, le pollen et le nectar. En résulte pour nos butineuses l’impossibilité de se reproduire ou encore de retrouver son chemin vers la ruche…
En Europe, cet insecticide a été interdit en 2018.

NB : 2021 : depuis son « interdiction », les néonicotinoïdes perdurent sur le territoire français afin de laisser le temps de la transition aux agriculteurs… De plus, depuis 2020, ces pesticides sont de nouveau autorisés pour faire face à une épidémie qui touche la betterave… à sucre.

Cela ne s’arrête pas encore là. C’est face à l’ONU qu’elle s’est engagée encore davantage sur ce sujet en faisant proclamer le 20 Décembre 2017 une journée mondiale de l’abeille. L’adoption de cette journée est un progrès manifeste dans le combat pour la protection, la connaissance et l’importance de cette classe d’hyménoptères sur la nature et nos cultures.

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Post à retrouver en intégralité sur mon profil Instagram
photography-underwater-cave
@hellotefiti

L'écotourisme une solution d'avenir

Si l’avenir semble sombre, la WWF nous présente une perspective plus optimiste dans son rapport planète vivante de 2020.
Malgré un rapport alarmant s’appuyant sur l’IPV (indice planète vivante) qui démontre que près de 60% des espèces vivantes ont régressé en seulement 42 ans, il n’est pas encore trop tard pour changer nos habitudes cependant, il faut agir maintenant et vite.

La WWF donne cependant des moyens de contrer cette tendance et tendre vers un avenir plus harmonieux entre tout le Vivant.
Produire des aliments sans détruire les forêts et favoriser les productions locales, développer les énergies renouvelables, limiter voire stopper son alimentation de viande etc.
Des mesures que la Slovénie semble adopter avec aisance, tant sur les domaines politiques, culturels que touristiques.

Si nous avons été à la mesure de bouleversements si grands et néfastes, ne peut-on pas inverser cette tendance et oeuvrer vers un avenir respectueux de la nature ?

"La crise climatique est une course que nous perdons pour le moment. Mais c'est aussi une course que nous pouvons gagner"
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Antonio Guterres
Secrétaire général à l'ONU

J’espère que cet article vous a plu et vous a éclairé sur pas mal de points qu’il nous encore creuser et mettre en lumière.
Ceci étant dit, merci de m’avoir lue et n’hésitez pas à épingler cet article sur Pinterest, à partager et à commenter !

Merci, à très vite.

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3 comments

Reply

Excellent reportage sur la Slovénie, les photos sont de toute beauté et ton carnet de route est au top avec toutes ces infos utiles.

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Bonjour ! Merci beaucoup pour ce joli commentaire ! Effectivement il m’a demandé beaucoup de temps de travail pour les recherches et la rédaction donc cela me fait plaisir 😀

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